dessins |
| biographie |
| Uki-yo |
| Shimmy Shimmy Grass |
![]() |
||||
|
Shimmy Shimmy Grass, 2003-2004
Shimmy Shimmy Grass est un microcosme végétal virtuel éphémère, dont lévolution autonome et aléatoire est régie par un programme informatique. Une flore digitale et imaginaire se déploie, envahie lespace, sinsérant de façon poétique dans le lieu qui labrite. Ce jardin sauvage inspiré de lIle Derborescence du paysagiste Gilles Clément est implanté dans un lieu inaccessible et protégé, et ne se révèle au spectateur que par sa vision extérieure. Ce projet dinstallation in situ est présenté sous la forme dune data projection sonore sur un support en verre. Lévolution de ce jardin sinspire de systèmes simples de vie particuliers à ce type décosystème : vie, mort, reproduction, tension, dualité Ce projet empreint de poésie et de fragilité, poursuit les intérêts graphiques, thématiques de qubo gas et lattachement porté aux compositions subtiles et délicates. La création dune banque de données déléments graphiques, donnant naissance à une flore imaginaire, incontrôlée, à lissue et à la pérennité incertaine, constitue le fil conducteur de ce projet. Lîle Derborescence de Gilles Clément aborde le concept de jardin sauvage où lintervention de lhomme est bannie, ainsi que lidée dune confrontation avec un milieu urbain défavorable, dégageant ainsi une certaine poésie quentend explorer Shimmy Shimmy Grass. Lîle Derborescence est un jardin inaccessible, implanté sur les hauteurs dun bloc de béton de près de 3000m2 au cur du Parc Matisse à Lille. La forêt inatteignable, privée de surveillance, de traitements quelconques, dentretien, deau, évolue librement sans aucune intervention humaine en plein cur dun environnement urbain, confrontée ainsi de manière directe à la pollution et autres nuisances urbaines. Gille Clément soumet ainsi son île Derborescence à la réflexion afin den tirer un enseignement pour gérer la nature au plus juste. Il remet ici en cause les mythes anciens qui placent l'homme au centre du monde et en position de dominant. Gilles Clément propose, avec son concept du jardin planétaire, une nouvelle légende, une nouvelle lecture de l'univers dans cet espace où s'entremêlent nature végétale et animale, civilisation, culture. L'homme est absent, gît en tout point et nulle part à la fois, il ne domine plus le monde. Cette implantation dun jardin sauvage en plein cur dun environnement hostile, cette idée dinaccessibilité et du non contrôle de son évolution, présent dans lIle Derborescence, constitue la genèse du projet Shimmy Shimmy Grass. Implanter un jardin caché, un microcosme sauvage et éphémère dans un espace clôt et fermé au public, introduit une vision poétique et évanescente dont la fragilité est davantage soulignée par la dominante urbaine des lieux où il sinsère (en loccurrence le Fresnoy pour lequel il a été conçu). Lunique vision de ce jardin est une projection digitale sonore sur une paroi translucide, présentant une vue de face de son activité végétative. Le lieu où est situé le jardin est donc inaccessible au public. Lespace proprement dit est fermé par cette séparation vitrée sur laquelle est projetée une vision densemble du jardin respectant la perspective, telle une fenêtre souvrant sur un paysage extérieur*. La superficie de lespace où est implanté virtuellement le jardin est entrée dans les données du programme informatique qui vient alors contraindre son déploiement dans cette même surface. Le jardin sintègre alors parfaitement à larchitecture du lieu, révélant la possibilité dune activité végétale cachée ou léventualité dune infiltration de la nature. Une banque de données déléments graphiques constitue une flore irréelle aux fougères multicolores, champignons magiques et autres mauvaises herbes enchantées, poursuivant lunivers surréel et poétique de qubo gas. Environ deux cents spécimens végétaux imaginaires crées à partir de dessins sur papier ou sur ordinateur, forment un étrange herbier décomposé en famille de plantes. Chaque famille de plantes a ainsi des caractéristiques physiques et sonores particulières qui réagissent différemment, déterminant ainsi leur évolution. Le processus dévolution de chaque plante est décomposé en trois phases : naissance, maturation, dégénérescence. À chaque plante est attribuée une gamme de sons qui reflètent également ces trois cycles. En se développant, le jardin révèle alors une curieuse composition musicale, constituée de sons très subtils et ponctuée de courtes mélodies. Si la flore de ce jardin sauvage est dordre imaginaire, poétique, elle possède néanmoins les caractéristiques évolutives et organiques dun environnement végétal réel. Les plantes poussent, se propagent, se fanent, meurent et disparaissent, engendrant un renouvellement perpétuel et rapide de la végétation. La structure florale du jardin et sa composition graphique se mettent en place de façon totalement autonome et incontrôlable selon des critères bien précis. Une fois enclenché, le jardin est totalement livré à lui-même et évolue progressivement en temps réel de manière cyclique et naturelle sur la durée de lexposition. Le programme récolte en temps réel sur Internet les données météorologiques fournies par le Metar, système transmettant les données climatiques aux aéroports internationaux. Le jardin est ainsi connecté en permanence au "Metar" de l'aéroport le plus proche du lieu d'exposition, et récupère en temps réel le niveau de température, le taux dhumidité, le niveau densoleillement, la couverture nuageuse, qui agissent ainsi sur le développement du jardin. Cette flore sauvage évolue de jour comme de nuit le temps de lexposition, développant deux phases, diurne et nocturne. Selon les données météorologiques, le niveau densoleillement ou le taux dhumidité par exemple, lactivité du jardin est plus ou moins intense. Les plantes peuvent totalement envahir lespace, foisonner, comme ne pas supporter les conditions climatiques et péricliter. Le devenir de cette flore peut donc devenir incertain, et la dégénérescence du jardin totalement plausible. Cette installation fonctionnant de manière in situ, chaque environnement végétal est donc unique, éphémère et non reproductible. Chacune de ses implantations propose une mise en place singulière en accord avec larchitecture du lieu qui laccueille, jouant sur des notions dapparition et de vision poétique. Léventualité de sa disparition, lidée dune existence éphémère dépendant de la durée de sa visibilité et des conditions climatiques, assimile cette flore sauvage à une sorte de jardin chimérique et évanescent. Un environnement délicat à léquilibre fragile, qui saccommode de lespace dans lequel on lintroduit. Un écosystème qui sommeille et se met en activité selon notre bon vouloir. * configuration dorigine de linstallation, adaptée selon les lieux dexposition Réalisation qubo gas : Morgan Dimnet, Laura Henno et Jean François Ablézot www.qubogas.com Une Production Le Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains, 2003 Collaboration : David Deraedt (programmation Flash Action Script / PHP) Olivier Bruggeman (composition musicale) |
||||
![]() |
||||