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Watercouleur Park - Uki-Yo - Shimmy Shimmy Grass
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Fresque digitale et évolutive régie par un algorithme Avalant les nuages, Une composition graphique s’attachant à la représentation d’un paysage évolue de manière continue et autonome selon un algorithme poétique. Un paysage plus ou moins réaliste à l’équilibre fragile et instable, bascule régulièrement et de façon inattendue dans des univers à l’esprit surréel et onirique. Ces basculements se font par une succession de mutations graphiques subtiles et délicates mais également par l’intervention d’événements - séquences engendrant des phases chaotiques et de déconstruction. Ce projet porte principalement sur l’ambivalence entre paysage figuratif et environnement imaginaire, sur la confrontation entre le réel et l’irréel, au travers de références à la peinture et à la poésie japonaise des époques Monoyama (1573-1603) et Edo (1603-1868). Un algorithme inspiré de Haïku, courts poèmes japonais apparus dès la fin du 17e, est à l’origine de ces renversements et rythme le processus d’évolution du paysage. La composition de la fresque se fait à partir d’une construction déterminée au préalable et utilisant une banque de données d’éléments graphiques. Les paravents de Kyoto apparu dés 1650 constituent la principale inspiration de ce projet. Vastes monochromes paysagers, se déroulant sur plusieurs panneaux de bois, ces paravents d’ornements sont caractérisés par une finesse et un raffinement du motif que viennent souligner des tonalités délavées. L’évocation du paysage se réfère surtout à des notions d’émotions, de sensations engendrant une certaine spiritualité. Les œuvres de Kano Sansetsu (1589-1651), très représentatives de cette école, présentent en particulier des aspects graphiques et picturaux auxquels certaines des compositions de ce projet se référent. Selon une formule éprouvée au japon, les parties les plus denses du paysage sont rejetées aux deux extrémités de la composition, créant deux axes verticaux entre lesquels s’ouvre un espace infini et silencieux, rythmés par les lavis dégradés de quelques collines et de motifs elliptiques (montagne, bosquets de bambous…) Cette disposition suggère à la fois l’élévation de l’espace et sa profondeur, les mutations des valeurs d’encre conduisant le regard vers le lointain. En s’appuyant sur ce type de composition, un paysage digital va évoluer de façon autonome sur une durée déterminée. La composition du paysage va se modifier par l’apparition d’un certain nombre d’éléments qui vont se dessiner, apparaîtrent par un jeu de transparence, poussent, se construisent... Le projet réside dans la création d’un paysage en perpétuelle mutation qui navigue entre la représentation figurative et la dérive vers un univers imaginaire. Cette ambivalence entre réalisme et onirisme sous-entend une sorte de dualité, de confrontation entre ces deux types de représentation. Une dualité évoquée par des zones de tensions au sein d’un même paysage, qui confronte dans sa composition graphique des motifs réalistes que viennent parasiter par intermittence des composants plus fantaisistes. Cette idée du parasitage, de la contamination voire de la destruction, se fait de façon subtile car elle n’est qu’une préfiguration d’un événement latent, qui ne se révélera dans toute son ampleur que bien plus tard. C’est cet événement qui subitement entraînera un basculement total de la figuration vers un paysage imaginaire et surréel, ce chamboulement s’opérant également de façon inverse pour revenir à un paysage figuratif. Ces renversements de situation sont déclenchés par des « citations » de Haïku que l’algorithme aura déterminé au préalable, le Haïku faisant office d’élément perturbateur. L’évolution de cette fresque digitale est régie par un programme informatique qui à partir d’une banque de données d’éléments graphiques (statiques et dynamiques) et sonores, va permettre la construction et l’évolution de paysages. |