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Watercouleur Park - Uki-Yo - Shimmy Shimmy Grass
SHIMMY SHIMMY GRASS, 2003-2004
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Vue de l'exposition "Momentory Momemtum : Animated Drawings", Parasol Unit, Fondation pour l'Art Contemporain, Londres, 2007 |
Jardin virtuel et évolutif évoluant en temps réel suivant les données météorologiques du lieu d’exposition Une Production Le Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains, 2003 Shimmy Shimmy Grass est un microcosme végétal virtuel éphémère, dont l’évolution autonome et aléatoire est régie par un programme informatique. Une flore digitale et imaginaire se déploie, envahie l’espace, s’insérant de façon poétique dans le lieu qui l’abrite. Ce jardin sauvage inspiré de l’Ile Derborescence du paysagiste Gilles Clément est implanté dans un lieu inaccessible et protégé, et ne se révèle au spectateur que par sa vision extérieure. Ce projet d’installation in situ est présenté sous la forme d’une data projection sonore sur un support en verre. L’évolution de ce jardin s’inspire de systèmes simples de vie particuliers à ce type d’écosystème : vie, mort, reproduction, tension, dualité… Ce projet empreint de poésie et de fragilité, poursuit les intérêts graphiques, thématiques de Qubo Gas et l’attachement porté aux compositions subtiles et délicates. La création d’une banque de données d’éléments graphiques, donnant naissance à une flore imaginaire, incontrôlée, à l’issue et à la pérennité incertaine, constitue le fil conducteur de ce projet. L’île Derborescence de Gilles Clément aborde le concept de jardin sauvage où l’intervention de l’homme est bannie, ainsi que l’idée d’une confrontation avec un milieu urbain défavorable, dégageant ainsi une certaine poésie qu’entend explorer Shimmy Shimmy Grass. L’île Derborescence est un jardin inaccessible, implanté sur les hauteurs d’un bloc de béton de près de 3000m2 au cœur du Parc Matisse à Lille. La forêt inatteignable, privée de surveillance, de traitements quelconques, d’entretien, d’eau, évolue librement sans aucune intervention humaine en plein cœur d’un environnement urbain, confrontée ainsi de manière directe à la pollution et autres nuisances urbaines. Gille Clément soumet ainsi son île Derborescence à la réflexion afin d’en tirer un enseignement pour gérer la nature au plus juste. Il remet ici en cause les mythes anciens qui placent l'homme au centre du monde et en position de dominant. Gilles Clément propose, avec son concept du jardin planétaire, une nouvelle légende, une nouvelle lecture de l'univers dans cet espace où s'entremêlent nature végétale et animale, civilisation, culture. L'homme est absent, gît en tout point et nulle part à la fois, il ne domine plus le monde. Cette implantation d’un jardin sauvage en plein cœur d’un environnement hostile, cette idée d’inaccessibilité et du non contrôle de son évolution, présent dans l’Ile Derborescence, constitue la genèse du projet Shimmy Shimmy Grass. Implanter un jardin caché, un microcosme sauvage et éphémère dans un espace clôt et fermé au public, introduit une vision poétique et évanescente dont la fragilité est d’avantage soulignée par la dominante urbaine des lieux où il s’insère (en l’occurrence le Fresnoy pour lequel il a été conçu). L’unique vision de ce jardin est une projection digitale sonore sur une paroi translucide, présentant une vue de face de son activité végétative. Le lieu où est situé le jardin est donc inaccessible au public. L’espace proprement dit est fermé par cette séparation vitrée sur laquelle est projetée une vision d’ensemble du jardin respectant la perspective, telle une fenêtre s’ouvrant sur un paysage extérieur*. La superficie de l’espace où est implanté virtuellement le jardin est entrée dans les données du programme informatique qui vient alors contraindre son déploiement dans cette même surface. Une banque de données d’éléments graphiques constitue une flore irréelle aux fougères multicolores, champignons magiques et autres mauvaises herbes enchantées, poursuivant l’univers surréel et poétique de Qubo Gas. Environ deux cents spécimens végétauximaginaires crées à partir de dessins sur papier ou sur ordinateur, forment un étrange herbier décomposé en famille de plantes. Chaque famille de plantes a ainsi des caractéristiques physiques et sonores particulières qui réagissent différemment, déterminant ainsi leur évolution. Le processus d’évolution de chaque plante est décomposé en trois phases : naissance, maturation, dégénérescence. À chaque plante est attribuée une gamme de sons qui reflètent également ces trois cycles. En se développant, le jardin révèle alors une curieuse composition musicale, constituée de sons très subtils et ponctuée de courtes mélodies. La structure florale du jardin et sa composition graphique se mettent en place de façon totalement autonome et incontrôlable selon des critères bien précis. Une fois enclenché, le jardin est totalement livré à lui-même et évolue progressivement en temps réel de manière cyclique et naturelle sur la durée de l’exposition. Le programme récolte en temps réel sur Internet les données météorologiques fournies par le Metar, système transmettant les données climatiques aux aéroports internationaux. Le jardin est ainsi connecté en permanence au "Metar" de l'aéroport le plus proche du lieu d'exposition, et récupère en temps réel le niveau de température, le taux d’humidité, le niveau d’ensoleillement, la couverture nuageuse, qui agissent ainsi sur le développement du jardin. Cette flore sauvage évolue de jour comme de nuit le temps de l’exposition, développant deux phases, diurne et nocturne. Selon les données météorologiques, le niveau d’ensoleillement ou le taux d’humidité par exemple, l’activité du jardin est plus ou moins intense. Les plantes peuvent totalement envahir l’espace, foisonner, comme ne pas supporter les conditions climatiques et péricliter. Le devenir de cette flore peut donc devenir incertain, et la dégénérescence du jardin totalement plausible. Cette installation fonctionnant de manière in situ, chaque environnement végétal est donc unique, éphémère et non reproductible. Chacune de ses implantations propose une mise en place singulière en accord avec l’architecture du lieu qui l’accueille, jouant sur des notions d’apparition et de vision poétique. L’éventualité de sa disparition, l’idée d’une existence éphémère dépendant de la durée de sa visibilité et des conditions climatiques, assimile cette flore sauvage à une sorte de jardin chimérique et évanescent. Un environnement délicat à l’équilibre fragile, qui s’accommode de l’espace dans lequel on l’introduit. Un écosystème qui sommeille et se met en activité selon notre bon vouloir.
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