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BiographieÉcrits
Heidi Wood à la planète magique, exposition 2003
Los Angeles, exposition 2005
date limite de consommation, exposition 2008
heidi wood à la planète magique

4 juin - 12 juillet 2003
Dans "Serving Suggestion" (proposition d’accompagnement), série photographique commencée en 2001, Heidi Wood réalisait des tableaux qu’elle disposait dans des espaces fabriqués de toute pièce.
Ses photographies présentaient donc cette mise en scène, à la manière ironique d'un catalogue commercial propre à susciter le désir.
Aujourd’hui, à l’occasion de sa première exposition personnelle à la galerie, Heidi Wood poursuit son interrogation sur la notion de décoration par une mise en situation de ses tableaux dans l’univers de la Planète magique à la Gaîtée Lyrique.
Au delà des apparences du rapport art/consommation, Heidi Wood continue sa recherche passionnante sur le pouvoir de l'image au travers d’un jeu d'interactions entre peinture, décoration , photographie.
Planète magique est une friche foraine, un ancien parc d’attraction, situé en plein coeur de Paris. Avant que cette espèce de caverne d’Ali Baba ne devienne l’antre des arts électroniques, Heidi Wood y a fait une série de photos de ses tableaux. Les décorations ultra kitsch et les manèges enchantés encore intacts de Planète magique constituent ainsi la toile de fond idéale de peintures aventureuses. Car Heidi Wood n’a pas l’habitude de laisser ses toiles au repos. Elle les déménage dans des espaces incongrus où elles auront toutes les chances pourtant d’avoir l’air bien adapté : leur géométrisme rond, pointu et coloré, l’artiste l’emprunte aussi bien au vocabulaire du formalisme artistique qu’à celui du design ou de la mode. Bref, ces motifs sont trop imbibés de différentes sources pour ne pas paraître inédits, à la fois quelconques et singuliers, mystérieusement indatables et furieusement tendance. Du coup, alors qu’elle est ici plongée dans cette atmosphère très eighties, il s’agit de voir si cette peinture se laisse absorber par le décor. Ou si elle se maintient hors de lui et parvient à défendre coûte que coûte son autonomie. Mais Heidi Wood ne fait pas nettement pencher la balance : elle s’arrange au contraire pour maintenir l’ambiguïté. En choisissant le cadre de la prise de vue, en orientant finement sa peinture vers l’esthétique du lieu, l’artiste refaçonne et ses toiles et l’environnement. Grâce à cette petite mise en scène, elle crée les conditions d’une contamination étrange entre les deux. Ironiquement, comme dans une vitrine de magasin, ce qu’Heidi Wood nous vend, ce n’est pas l’objet ou l’oeuvre : c’est l’ambiance.

Judicaël Lavrador
mars 2003




Avec le concours
du Ministère de la culture et de la communication Centre national des arts plastiques (Fiacre)
(Aide à la première exposition)

de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris (Département de l'Art dans la Ville)

de l’Ambassade d’Australie