Face au sujet "obligatoire" de la rentrée des classes, celui du récit des vacances d'été, les artistes de la galerie anne barrault ont joué le jeu librement, en répondant de manière inédite et personnelle par la vidéo, la photographie, le dessin... Ainsi, Philippe Bazin se penche, à travers un diptyque vidéo, sur ceux qui ne partent pas, Aki Ikemura fait basculer la Tour Eiffel vers une étoile mystérieuse, Ramuntcho Matta rend sonores les parois de la vitrine. Guillaume Pinard, dans un film danimation minimal en noir et blanc, fait tournoyer une mouche dans son espace clos. Le bruit de linsecte, rappelle alors linertie estivale.
Philippe Mazaud déplace le déjeuner sur lherbe dans le Névada. Une petite fille à moitié enterrée dans le sable par son amie apparaît en un singulier rituel enfantin photographié par Magdi Senadgi, tandis que Katharina Bosse fige un cheval de bois rose dans son élan impossible. Sons ambiants et images silencieuses composent alors un paysage mental ouvert où les vacances sont souvent interprétées comme la métaphore d un moment dabsence au tumulte du monde, comme les deux ombres flottantes du dessin de Catharina van Eetvelde.
"Grandes vacances" comme une place laissée vacante à une carte postale, un dessin, une jalousie, un bunker, une ville balnéaire désertée...
Félicia Atkinson