A l'occasion de sa première exposition personnelle, Aki Ikemura présente un ensemble de photographies et vidéo. A travers ses uvres, Aki Ikemura scrute le tout proche pour y révéler lunivers.
Par des formes évanescentes aux transparences éthérées, elle rétablit la correspondance oubliée entre linfime et le macrocosme et nous invite, ainsi, à réanchanter le monde. |
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Conte cosmique
Quand Aki Ikemura met le cosmos en boîte, ça n'est surtout pas une performance. Il lui suffit d'un sticker à motif de nuit étoilée, de le coller sur une petite caisse ou sur le mur d'un salon et la jeune artiste inverse les proportions de l'infini. En même temps, le sublime devient cheap ou l'univers cosy
sans cesser pourtant d'être inaccessible ou onirique. Car, à la manière d'un trompe-l'il, l'autocollant fait office de fenêtre fictive ou de tunnel secret.
Impossible de l'emprunter, sinon par des moyens détournés : lenteur, discrétion, douceur. Autant de qualités qui constituent la trame de l'univers d'Aki Ikemura. Il faut ainsi coller son il à un illeton vissé dans le mur pour apercevoir une espèce de bonhomme blanc. Et Étoiles/étoile, un film, ne semble rien mettre en scène, que le spectacle de la galaxie avec deux personnages immobiles au premier plan. Éloge de la lenteur, cette boucle vidéo n'est pas du tout bloquée sur pause puisque de petits points s'amassent et prennent la forme d'une étoile. Simplement leur déplacement est imperceptible et la métamorphose éphémère. Dans ce monde feutré, les événements arrivent au ralenti. Le travail d'Aki Ikemura a ce faux rythme des mouvements d'un corps en apesanteur.
Sans doute le seul qui vaille dans cet ailleurs merveilleux que trace des photos aux couleurs sirupeuses. Images inidentifiables, elles ont l'air d'échographies brumeuses d'une planète digne d'une fiction fantaisiste. Elles baignent dans une brume évanescente qui laisse deviner de minuscules chalets, abrités au creux de reliefs compliqués. Au milieu d'eux, une silhouette minuscule. Comme si les proportions avaient à nouveau été renversées et que le cosmos cette fois, dans ce recoin insituable d'une galaxie parallèle, avait pris sa revanche. Était sorti de sa boîte pour la manger. Et le spectateur avec. Comme dans les contes.
Judicaël Lavrador
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